Dakhla. Le Pr Mohamed Cherkaoui, sociologue et directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS-France) a salué le discours, "incontestablement novateur et politiquement courageux" de SM le Roi Mohammed VI et appelé les élites à ne pas se contenter de "se réjouir ou de critiquer", mais à "entreprendre" pour pouvoir porter ces réformes "audacieuses". our ce spécialiste du Sahara et membre de la Commission consultative de régionalisation (CCR), les réformes annoncées s'inscrivent dans la continuité des grandes réformes entreprises par le Maroc depuis plus d'une décennie dans le cadre du concept de "révolution pacifique" qui est cher à cet intellectuel depuis 2006. Dans une brève analyse livrée en exclusivité à Ecodakhla, l'auteur de l'ouvrage de référence: "Le Sahara. Liens sociaux et enjeux géostratégiques" soutient que les propositions "audacieuses" formulées par le Souverain répondent à la question que tout le monde arabe se pose et à ses revendications légitimes: "démocratiser les systèmes politiques comme unique voie ouverte aux dirigeants et aux élites politiques arabes sous peine de chaos". Ainsi, le Maroc a "montré le chemin sans attendre que les révoltés descendent dans la rue et que les jeunesses donnent une leçon à leurs ainés, il continue à creuser son sillon en donnant l'exemple et le précepte", souligne le Pr. Cherkaoui. La révision profonde de la Constitution montre que Sa Majesté "prend en considération la demande des élites politiques et de la jeunesse" et va même "plus loin: Elle laisse à la nouvelle Commission consultative de révision de la Constitution la liberté de changer de nombreux articles selon le projet royal énoncé en sept points qui intéressent tous les aspects de la vie politique du pays". Sur le plan de la démarche, le sociologue, qui avait développé il y a quelques années dans le cadre de ses recherches en géopolitique le concept de "l'ellipse des crises qui s'étend de l'Atlantique à l'Indus et qui englobe tout le Proche Orient" pour faire pièce aux théories des néoconservateurs américains, le Maroc n'a jamais été concerné par la solution "autoritaire" et exogène pour imposer le changement. Bien au contraire, le Maroc a opté pour la solution ascendante (Bottom-Up) qui est "locale, endogène et se fonde sur les principes d'une forme de démocratie participative". C'est bien cette deuxième voie que le Royaume a "suivie jusqu'à présent et qu'il entend poursuivre", souligne le Pr. Cherkaoui. Certes, les nouvelles réformes sont "nécessaires, elles sont saluées unanimement au Maroc comme à l'étranger. Certes, elles ne sont à coup sûr pas suffisantes. D'autres verront sans doute le jour", constate-t-il. Mais pour lui, la question fondamentale est de savoir si les élites politiques, économiques et sociales sont capables de jouer leur rôle pour que ces réformes ne demeurent pas uniquement des belles constructions institutionnelles, si elles sont en mesure de les porter et en en respectant l'esprit et la lettre. "Il ne sert à rien de se réjouir ou de critiquer: il faut entreprendre", estime le Pr. Cherkaoui
