Analytique et à la discussion des conclusions du Séminaire international de Dakhla


Dakhla. Le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) a organisé, jeudi à Genève, en marge de la 16e session du Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'Onu, une conférence pour présenter et débattre des conclusions du Séminaire international sur la dimension de la démocratie et des droits de l'homme dans l'initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'Autonomie pour la région du Sahara, tenu à Dakhla les 21 et 22 février 2011. Ouvrant cette conférence, organisée au Palais des Nations, Mustapha Iznasni, membre du CNDH, a donné un aperçu général sur l'Initiative marocaine d'autonomie, tout en mettant en exergue les axes principaux des réformes constitutionnelles annoncées, le 9 mars, par S.M. le Roi Mohammed VI. Ont participé à cette conférence Javier Tajadura Tejada, professeur à l'Université de Bilbao et Juan Martos Quesada, directeur du Département des études arabes et islamiques, à l'Université Complutense de Madrid, qui ont procédé à une présentation analytique et à la discussion des conclusions du Séminaire international de Dakhla, selon Map. Ce séminaire s'est penché sur la dimension de la démocratie et des droits de l'Homme de l'Initiative marocaine d'autonomie. Il s'agissait d'un débat académique et scientifique animé par des séminaristes provenant des différentes régions du monde, d'Amérique du Nord, d'Amérique du Sud, d'Europe, d'Afrique et du monde arabe qui ont porté un regard analytique croisé et transrégional sur la conformité de cette Initiative aux standards internationaux en matière de démocratie et des droits de l'homme, tels qu'ils sont internationalement reconnus, rappelle-t-on.

Les participants ont souligné notamment que l'initiative d'autonomie constitue une réponse conforme au droit international, va au-delà de la demande d'autodétermination de la région et y apporte une réponse concrète, résolvant de manière pacifique et négociée le problème de la décolonisation créé par l'Espagne. Cette initiative, ont-ils aussi relevé, est conforme à la légalité internationale ainsi qu'aux standards juridiques mondialement reconnus et s'inscrit dans le cadre d'un mouvement démocratique mondial qui dépasse la seule expérience marocaine de l'édification d'une société garantissant les libertés individuelles et collectives, de même que le développement économique et social. Cette conférence, qui s'est déroulée en présence de l'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'Office des Nations unies à Genève, Omar Hilale, a donné lieu à un débat au cours duquel les intervenants ont notamment signalé que l'Initiative d'Autonomie est conforme au vœu des populations des provinces du sud, rappelant à ce propos le rôle joué par le Corcas dans son élaboration. Les participants à ce débat ont également noté que l'autonomie est actuellement un fait dans les provinces du sud du Maroc, étant donné, ont-ils soutenu, que les affaires locales y sont gérées par les élus sahraouis locaux. Ils ont, d'autre part, insisté sur l'intérêt que porte la société civile africaine au règlement du problème du Sahara, mettant en avant le rôle pionnier du Maroc dans le continent africain. Ils ont souligné qu'en matière de démocratie le processus d'autonomie contribue à la jouissance effective des droits de l'Homme. Ils ont aussi émis l'espoir de voir la mise en œuvre de l'initiative d'autonomie amener la paix et le développement dans la région.

CNRS-France: Des réformes audacieuses que les élites doivent être capables de porter



Dakhla. Le Pr Mohamed Cherkaoui, sociologue et directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS-France) a salué le discours, "incontestablement novateur et politiquement courageux" de SM le Roi Mohammed VI et appelé les élites à ne pas se contenter de "se réjouir ou de critiquer", mais à "entreprendre" pour pouvoir porter ces réformes "audacieuses". our ce spécialiste du Sahara et membre de la Commission consultative de régionalisation (CCR), les réformes annoncées s'inscrivent dans la continuité des grandes réformes entreprises par le Maroc depuis plus d'une décennie dans le cadre du concept de "révolution pacifique" qui est cher à cet intellectuel depuis 2006. Dans une brève analyse livrée en exclusivité à Ecodakhla, l'auteur de l'ouvrage de référence: "Le Sahara. Liens sociaux et enjeux géostratégiques" soutient que les propositions "audacieuses" formulées par le Souverain répondent à la question que tout le monde arabe se pose et à ses revendications légitimes: "démocratiser les systèmes politiques comme unique voie ouverte aux dirigeants et aux élites politiques arabes sous peine de chaos". Ainsi, le Maroc a "montré le chemin sans attendre que les révoltés descendent dans la rue et que les jeunesses donnent une leçon à leurs ainés, il continue à creuser son sillon en donnant l'exemple et le précepte", souligne le Pr. Cherkaoui. La révision profonde de la Constitution montre que Sa Majesté "prend en considération la demande des élites politiques et de la jeunesse" et va même "plus loin: Elle laisse à la nouvelle Commission consultative de révision de la Constitution la liberté de changer de nombreux articles selon le projet royal énoncé en sept points qui intéressent tous les aspects de la vie politique du pays". Sur le plan de la démarche, le sociologue, qui avait développé il y a quelques années dans le cadre de ses recherches en géopolitique le concept de "l'ellipse des crises qui s'étend de l'Atlantique à l'Indus et qui englobe tout le Proche Orient" pour faire pièce aux théories des néoconservateurs américains, le Maroc n'a jamais été  concerné par la solution "autoritaire" et exogène pour imposer le changement. Bien au contraire, le Maroc a opté pour la solution ascendante (Bottom-Up) qui est "locale, endogène et se fonde sur les principes d'une forme de démocratie participative". C'est bien cette deuxième voie que le Royaume a "suivie jusqu'à présent et qu'il entend poursuivre", souligne le Pr. Cherkaoui. Certes, les nouvelles réformes sont "nécessaires, elles sont saluées unanimement au Maroc comme à l'étranger. Certes, elles ne sont à coup sûr pas suffisantes. D'autres verront sans doute le jour", constate-t-il. Mais pour lui, la question fondamentale est de savoir si les élites politiques, économiques et sociales sont capables de jouer leur rôle pour que ces réformes ne demeurent pas uniquement des belles constructions institutionnelles, si elles sont en mesure de les porter et en en respectant l'esprit et la lettre. "Il ne sert à rien de se réjouir ou de critiquer: il faut entreprendre", estime le Pr. Cherkaoui